Des plantes, et de leurs effets sur notre santé.
Par Iaqov Demarque,
Psychanalyste.
De
nos jours, lorsque l’on souffre d’une maladie, on se rend
généralement chez son médecin qui prescrit un médicament adapté.
C’est simple, c’est pratique et dans nombre de cas efficace, même
si l’on éprouve quelquefois certains désagréments dus à ce que
l’on appelle les effets secondaires de certaines médications.
Si
j’ai mal la tête, je prends une aspirine. Personne (ou presque) ne
songerait plus à se faire une décoction d’écorce de saule1.
Cet arbre contient pourtant dans sa sève le même principe actif que
l’aspirine, et a longtemps été utilisé pour ses vertus, bien
avant la découverte fortuite de l’acide acétylsalicylique par le
chimiste français Charles Gerhardt (1816-1856) en 1853. Seule
différence de taille : l’arbre n’induit pas les effets
secondaires de l’aspirine, qui peut provoquer de graves ulcères
d’estomac, et des hémorragies internes !
La
pharmacochimie moderne produit aujourd’hui une foule de médicaments
dont de nombreux principes actifs ont été initialement tirés du
monde végétal. Nombre de ces principes sont aujourd’hui produits
de manière synthétique. On peut penser que ce soit un bien pour
certaines espèces végétales, menacées par une exploitation
excessive. Mais c’est aussi un mal dans la mesure où l’homme
moderne perd de plus en plus le contact direct avec la nature qui
contient, en fait, tout ce dont il a besoin pour se nourrir et se
soigner.
En
cueillette au bois, un jour de printemps avec un ami, nous évoquions
ce fait de la perte de notre instinct « naturel »,
pourtant tout aussi inscrit dans nos gènes que dans ceux de nos
frères les animaux. Un cheval au pré sait de lui même quelles
espèces il peut ou non manger. Et bien des animaux savent chercher
et trouver dans la nature les plantes pour se soigner. En cette
matière, nos connaissances innées se sont amenuisées avec le
temps. Et c’est bien dommage, même si cela reste « réparable »
par un nouvel apprentissage.
Il
semble toutefois y avoir un certain renouveau : longtemps
considérée comme parente pauvre de la médecine traditionnelle, la
phytothérapie jouit aujourd’hui d’un regain d’intérêt jusque
dans les milieux médicaux officiels. De plus en plus de médecins
l’intègrent dans leurs soins et en reconnaissent les vertus.
Mais
aussi les dangers !...
Taxée
longtemps du qualificatif réducteur de « médecine douce »
elle a pu parfois être mal perçue et méjugée, devenant, aux mains
de prétendus amateurs fort peu éclairés, une arme redoutable !
Or,
La phytothérapie n’est pas une médecine douce !
C’est
même plutôt et dans bien des cas une médecine de choc ! Si la
plupart des plantes ont un effet curatif, si certaines sont utilisées
dans la pharmacologie chimique, elles peuvent aussi s’avérer
dangereuses, voire mortelles, même parfois à faible dose, et
parfois même par simple contact cutané ou…olfactif !
D’autres, bénéfiques et inoffensives en usage raisonnable,
peuvent parfois induire des effets contraire à ceux escomptés dès
lors qu’on se met à en consommer de trop.
Quelques
exemples :
Une
ombellifère géante, cultivée parfois pour les jardins d’agrément,
la grande Berce du Caucase occasionne par simple contact de sa sève,
des brûlures pouvant aller jusqu’au troisième degré.
Notre
petit porte-bonheur du mois de mai, le muguet, contient des
alcaloïdes terriblement dangereux. Un verre d’eau ayant contenu un
petit bouquet de cette jolie fleur suffit à tuer un homme. Et même
le simple fait d’en respirer le parfum durant trop longtemps peut
avoir des conséquences fatales.
Enfin,
si une bonne tisane de tilleul, bien dosée, aide à retrouver un
sommeil réparateur, sur dosée c’est un excitant qui empêche plus
de dormir que le café le plus fort…
Les
plantes ne sont pas des jouets : il faut apprendre à les
connaître, à les apprivoiser, et à les utiliser à bon escient. Il
faut aussi savoir prendre conseil auprès des seules personnes qui
soient habilitées à poser un diagnostic valable : les
médecins. Même les symptômes les plus anodins peuvent s’avérer,
surtout s’ils perdurent, révélateurs d’affections beaucoup plus
graves. Restons donc vigilants à ce propos : il y va de notre
santé et, partant, de notre vie !
Iaqov Demarque
Psychanalyste
1Ȁ
Ce que j’affirme ici s’avère en réalité inexact, dans la
mesure où, de plus en plus de personnes, déçues par la médecine
« classique » ou simplement curieuses ou en quête
d’authenticité, font appel de nouveau aux simples pour se
soigner. La plupart pour de « petits bobos », d’autres,
systématiquement. Et elles ne s’en portent pas plus mal !
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