samedi 12 mai 2012

Des plantes, et de leurs effets sur notre santé.

Des plantes, et de leurs effets sur notre santé.

Par Iaqov Demarque,

Psychanalyste.



De nos jours, lorsque l’on souffre d’une maladie, on se rend généralement chez son médecin qui prescrit un médicament adapté. C’est simple, c’est pratique et dans nombre de cas efficace, même si l’on éprouve quelquefois certains désagréments dus à ce que l’on appelle les effets secondaires de certaines médications.
Si j’ai mal la tête, je prends une aspirine. Personne (ou presque) ne songerait plus à se faire une décoction d’écorce de saule1. Cet arbre contient pourtant dans sa sève le même principe actif que l’aspirine, et a longtemps été utilisé pour ses vertus, bien avant la découverte fortuite de l’acide acétylsalicylique par le chimiste français Charles Gerhardt (1816-1856) en 1853. Seule différence de taille : l’arbre n’induit pas les effets secondaires de l’aspirine, qui peut provoquer de graves ulcères d’estomac, et des hémorragies internes !

La pharmacochimie moderne produit aujourd’hui une foule de médicaments dont de nombreux principes actifs ont été initialement tirés du monde végétal. Nombre de ces principes sont aujourd’hui produits de manière synthétique. On peut penser que ce soit un bien pour certaines espèces végétales, menacées par une exploitation excessive. Mais c’est aussi un mal dans la mesure où l’homme moderne perd de plus en plus le contact direct avec la nature qui contient, en fait, tout ce dont il a besoin pour se nourrir et se soigner.
En cueillette au bois, un jour de printemps avec un ami, nous évoquions ce fait de la perte de notre instinct « naturel », pourtant tout aussi inscrit dans nos gènes que dans ceux de nos frères les animaux. Un cheval au pré sait de lui même quelles espèces il peut ou non manger. Et bien des animaux savent chercher et trouver dans la nature les plantes pour se soigner. En cette matière, nos connaissances innées se sont amenuisées avec le temps. Et c’est bien dommage, même si cela reste « réparable » par un nouvel apprentissage.
Il semble toutefois y avoir un certain renouveau : longtemps considérée comme parente pauvre de la médecine traditionnelle, la phytothérapie jouit aujourd’hui d’un regain d’intérêt jusque dans les milieux médicaux officiels. De plus en plus de médecins l’intègrent dans leurs soins et en reconnaissent les vertus.
Mais aussi les dangers !...

Taxée longtemps du qualificatif réducteur de « médecine douce » elle a pu parfois être mal perçue et méjugée, devenant, aux mains de prétendus amateurs fort peu éclairés, une arme redoutable !

Or, La phytothérapie n’est pas une médecine douce !

C’est même plutôt et dans bien des cas une médecine de choc ! Si la plupart des plantes ont un effet curatif, si certaines sont utilisées dans la pharmacologie chimique, elles peuvent aussi s’avérer dangereuses, voire mortelles, même parfois à faible dose, et parfois même par simple contact cutané ou…olfactif ! D’autres, bénéfiques et inoffensives en usage raisonnable, peuvent parfois induire des effets contraire à ceux escomptés dès lors qu’on se met à en consommer de trop.

Quelques exemples :

Une ombellifère géante, cultivée parfois pour les jardins d’agrément, la grande Berce du Caucase occasionne par simple contact de sa sève, des brûlures pouvant aller jusqu’au troisième degré.
Notre petit porte-bonheur du mois de mai, le muguet, contient des alcaloïdes terriblement dangereux. Un verre d’eau ayant contenu un petit bouquet de cette jolie fleur suffit à tuer un homme. Et même le simple fait d’en respirer le parfum durant trop longtemps peut avoir des conséquences fatales.
Enfin, si une bonne tisane de tilleul, bien dosée, aide à retrouver un sommeil réparateur, sur dosée c’est un excitant qui empêche plus de dormir que le café le plus fort…

Les plantes ne sont pas des jouets : il faut apprendre à les connaître, à les apprivoiser, et à les utiliser à bon escient. Il faut aussi savoir prendre conseil auprès des seules personnes qui soient habilitées à poser un diagnostic valable : les médecins. Même les symptômes les plus anodins peuvent s’avérer, surtout s’ils perdurent, révélateurs d’affections beaucoup plus graves. Restons donc vigilants à ce propos : il y va de notre santé et, partant, de notre vie !

Iaqov Demarque
Psychanalyste

1Ȁ Ce que j’affirme ici s’avère en réalité inexact, dans la mesure où, de plus en plus de personnes, déçues par la médecine « classique » ou simplement curieuses ou en quête d’authenticité, font appel de nouveau aux simples pour se soigner. La plupart pour de « petits bobos », d’autres, systématiquement. Et elles ne s’en portent pas plus mal !

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